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Spiritualité 2000
Dominicains du Canada
Le billet du mois

Sainte Marie, Mère de Dieu … et «notre» Mère !

J’ai toujours été frappé par le premier miracle de Jésus que nous raconte l’évangéliste Jean. Ce n’est pas le fait que Jésus ait changé l’eau en vin à Cana qui m’interpelle mais le fait qu’il l’ait fait à la demande de Marie. Qui y a-t-il en effet de plus banal que de manquer de vin dans une noce parce que le responsable de la fête a mal calculé le nombre d’invités et n’a pas fait assez de provision du fruit de la vigne. Alors, pourquoi serait-ce au Seigneur de réparer l’incurie de l’hôte ?

Pourquoi ? Parce que c’est sa Mère qui lui avait demandé. Marie était bien consciente elle aussi que le fait de manquer de vin dans un repas n’était pas la «fin du monde». Ce n’était pas la première fois, et ce ne serait pas la dernière. Alors, pourquoi a-t-elle osé déranger son Fils et surtout lui demander un «miracle» pour quelque chose d’aussi insignifiant ? Surtout que les nouveaux mariés n’étaient que des amis de la famille de Marie et de Jésus.

Pourquoi ? Parce que Marie avait un cœur de «mère». Parce qu’une «mère» voit et sent des choses qu’un «père» (pour ne pas dire un homme) ne voit pas et ne sent pas. Une «mère» sait vite déceler les angoisses intérieures de ses enfants. Elle sait lire les signes sur les visages et dans les agissements de ceux qui lui sont chers. Et c’est ce qui est arrivé à Cana.

En montant au Ciel, Marie n’a pas perdu ce «cœur de mère». Au contraire, car n’étant plus limitée par les réalités du corps mortel et ayant sa demeure tout près ( !) de la Trinité, elle a une force d’intercession auprès de son Fils qu’aucun autre être humain ne pourra jamais posséder. Et, d’où elle est, Marie n’a pas perdu sa capacité de lire les angoisses de ses enfants et de sentir leurs détresses. Et aussi d’écouter leurs prières !

C’est pourquoi dans ce mois qui lui est consacré (mois du Rosaire), il faut profiter de sa proximité auprès de la Trinité pour lui demander des miracles. Oui, des «miracles» ! Si elle a été capable de faire changer l’eau en vin, elle a encore le pouvoir d’intercéder auprès de son Fils pour suppléer à bien de nos manques. Après tout, n’est-elle pas «notre» Mère ? Surtout qu’aujourd’hui, ce n’est plus du vin que nous manquons, mais des choses bien plus importantes. En fait, si Marie était sur la terre aujourd’hui, elle ne dirait pas à son Fils : «Ils n’ont plus de vin !» mais bien : «Ils n’ont plus de Foi, ni d’Espérance, ni de Charité. Je t’en prie, fais quelque chose !»

Si, durant ce mois, nous portons une attention particulière à sa présence toute maternelle, peut-être l’entendrons-nous murmurer à «l’oreille» de notre cœur, entre deux Ave Maria : «Faites ce qu’Il vous dira !»

Jacques Lauzier, o.p. Collaborateur au Sanctuaire. fin


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